Pont de Sucé-sur-Erdre

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Le pont de Sucé-sur-Erdre

La construction du pont de Sucé-sur-Erdre débute en 1869 et s’achève en 1871. Ce pont relie les deux parties du territoire de la commune, séparées par l’Erdre. Il reste le seul point de franchissement routier de la rivière entre Nantes et Nort-sur-Erdre.

Pont de Sucé-sur-Erdre

Passage de péniche sous le pont de Sucé-sur-Erdre

Avant le pont, un bac permet de franchir l’Erdre à Sucé

Avant la construction du pont à la fin du 19e siècle, on franchit l’Erdre à Sucé en utilisant un bac. Le passage est payant.

Jusqu’à la Révolution, le bac est exploité par un « fermier » ayant un contrat d’exclusivité avec l’évêque de Nantes, propriétaire des droits de passage d’eau sur l’Erdre, depuis Nantes jusqu’à Nort. Les fermiers exercent leur activité en différents points de la rivière.

En pleine période révolutionnaire, en 1793, le bac est coulé. La traversée de l’Erdre dépend jusqu’en 1800 de quelques propriétaires de bateaux qui imposent leurs tarifs et leurs horaires aléatoires. En 1800, M. Legros, maire de Sucé, décide de remettre en service le bac en engageant ses fonds propres. En 1805, l’Empire octroie la gestion du bac à un adjudicataire.

Pont de Sucé-sur-Erdre

Vue sur l’Erdre, depuis le pont de Sucé

En 1831, le passage de la rivière s’effectue grâce à deux bacs. Le premier est une « charrière », grande embarcation en bois permettant le passage de charrettes, d’animaux et jusqu’à une centaine de personnes. Le second, un « passe-cheval », est une embarcation de même type mais de taille plus réduite permettant le passage d’une soixantaine de personnes.

Les passeurs manœuvrent les bacs à la perche et à la rame. Trois hommes sont nécessaires pour faire avancer la charrière (six par mauvais temps), et deux assurent le bon maniement du passe-cheval (quatre par mauvais temps).

Les zones d’embarquement et de débarquement sont situées quelques mètres en aval du pont actuel.

 

Le pont de Sucé reste en projet pendant trente ans

C’est Jean-Baptiste Dupont, maire de Sucé de 1839 à 1861, qui prend l’initiative d’édifier un pont. La première demande d’étude du projet (un pont mesurant 150 mètres de long) est formulée lors du conseil municipal du 10 mai 1840. L’ampleur du projet a un coût qui est au-delà des moyens dont dispose la commune.

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Le pont de Sucé, vers 1920 – Photo sous licence creative commons CC BY-NC-SA 2.0 FR

L’idée d’un pont unique est finalement abandonnée au profit d’une levée de terre partant de la rive droite et prolongée par un pont la reliant à la rive gauche. Le financement demeure problématique, et la solution d’un péage est adoptée. Ainsi, la construction pourrait être confiée à un concessionnaire qui serait remboursé en percevant les droits de passage. Mais personne ne se porte candidat à l’adjudication, que ce soit en 1857, ou en 1867.

En 1868, le principe d’un pont à péage est abandonné. La commune et l’État décident d’augmenter leur financement afin que la construction puisse enfin débuter.

 

La construction du pont de Sucé (1869-1871)

Les travaux de construction de la levée et du pont en pierre commencent au début de l’année 1869.

Pour faire reposer les piles du pont sur une base stable, il est nécessaire de creuser un canal dans la roche de la colline de Montretait.  En effet, le fond de l’Erdre est ici trop profond et surtout trop vaseux. Quant au cours de la rivière, il doit être progressivement et entièrement barré par la levée. Ce sont donc des travaux de grande ampleur qui sont engagés pour permettre ce léger détournement de l’Erdre (qui passera désormais par le canal creusé dans la roche de Montretait) et ce rétrécissement considérable de son cours (qui passe ainsi de 150 mètres, à 17 mètres).

Pont Sucé sur Erdre

La roche de la colline de Montretait sur laquelle repose le pont

Les travaux s’achèvent en deux temps.

En novembre 1870, tandis que la guerre contre la Prusse bat son plein (juillet 1870 – janvier 1871), une passerelle de bois permet d’abord le passage des piétons. Les travaux pour terminer le pont sont interrompus pour ne pas fournir une possibilité éventuelle de franchissement de l’Erdre aux troupes ennemies.

La guerre s’achève le 28 janvier 1871. Les travaux reprennent et le pont est définitivement terminé dans le courant de l’année. Aucune inauguration n’a lieu.

Sucé-sur-Erdre

La chaussée et  le pont

Le pont de Sucé-sur-Erdre, de 1871 à aujourd’hui

Globalement, le pont de Sucé présente un aspect identique à celui qu’il avait en 1871. Il a nécessité seulement deux rénovations.

La première date de 1975. Des trottoirs sont créés et les rambardes sont remplacées. Sur la levée, les platanes sont abattus et de nouveaux arbres replantés.

En 2000, une nouvelle rénovation est engagée. Il s’agit de renforcer le tablier du pont pour supporter l’augmentation constante du trafic routier. La chaussée est élargie, ainsi que les trottoirs. Les rambardes en béton installées en 1975 sont détruites et remplacées par des garde-corps en acier alternant avec des murets en pierre, plus esthétiques. Des lampadaires sont aussi ajoutés.

Aujourd’hui, le pont de Sucé reste un point de franchissement incontournable du cours de l’Erdre, et un symbole de la commune qui l’a intégré à son blason. C’est aussi un lieu privilégié pour observer l’Erdre tout au long de l’année.

Sucé-sur-Erdre

L'allée au pied de la levée