Rêver Erdre de Marie-Hélène Richard

De juin à novembre 2017, l’artiste Marie-Hélène Richard proposait un parcours artistique de six kilomètres le long de l’Erdre à Nantes. Sur les onze œuvres présentées, certaines sont devenues pérennes, comme le palindrome Rêver Erdre et Blocs.

Le parcours Rêver Erdre était conçu comme une boucle sans commencement ni fin, le long de l’Erdre. Par des jeux de miroirs, des installations se répondant d’une rive à l’autre, l’intention était d’attirer le regard du promeneur sur cet espace naturel et vivant au cœur du paysage urbain.


Dans la ville, l’Erdre offre un refuge, une zone de résistance au béton et au goudron. Elle évolue, respire, se régénère, compose avec l’humain et la cité, lui apporte une part de poésie et de rêverie. Deux installations (disparues aujourd’hui) illustraient parfaitement l’intention de l’artiste de rappeler qu’un cours d’eau n’est pas qu’un paysage, mais un mouvement perpétuel.


La première s’appelait Anémochores, en référence à ces plantes, tel le pissenlit, dont les graines essaiment librement grâce aux vents. Ces graines-là, géantes et peintes en turquoise, dispersées en nombre à proximité des ponts, disaient la lente et invisible industrie de la nature pour se reproduire, malgré la pierre et le béton.


La seconde installation s’appelait Reflet. Sous l’arche de la culée du pont de la Motte Rouge, le passant pouvait entendre, entre deux grands miroirs, et quelques textes poétiques, des sons prélevés par le plasticien Hughes Germain sur, au bord, et dans l’Erdre.  Ces bruits de la rivière se dévoilaient dans un lieu où résonnent habituellement les échos de la circulation routière.

Rêver Erdre de Marie-Hélène Richard

Les installations n’ayant pas été démontées au mois de novembre 2017 se sont, pour la plupart, parfaitement intégrées au paysage. C’est le cas notamment du palindrome-miroir Rêver Erdre du bassin Ceineray.


Une autre, en revanche, continue de diviser : Blocs.


Blocs est la dissémination de 21 blocs de béton brut sur la prairie du campus du Tertre.


Coucher des blocs de béton au milieu de la verdure a provoqué d’innombrables critiques, aussi bien de la part des promeneurs que des étudiants. Une pétition a circulé, les réseaux sociaux se sont emballés, mais l’installation est quand même restée.


Les années passent, les critiques continuent, mais les Blocs couchés ne bougent pas, échos aux tours de Port Boyer sur la rive d’en face, préfigurant la position finale de celles-ci, un jour… Autour des Blocs, les insectes foisonnent dans une végétation que l’on ne peut plus couper à ras. Et il n’est pas rare d’y voir des étudiants s’en servir comme comptoirs lors d’apéros en plein air.