Le pont Saint-Mihiel à Nantes

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Le pont Saint-Mihiel à Nantes

Ouvrage de pierre et d’acier, le pont Saint-Mihiel franchit l’Erdre à Nantes en reliant la place Châteaubriand à la place de la Bonde. Il fut construit pendant la Belle Époque en remplacement d’une passerelle en bois. Son inauguration date de 1913. Son nom rend hommage à une commune de la Meuse, détruite pendant la Première Guerre mondiale.

Le pont Saint-Mihiel à Nantes

Le pont Saint-Mihiel à Nantes

Un petit pont de bois, qui ne tenait plus guère

En 1875, il existe deux ponts dans ce que les Nantais nomment le quartier de Barbin : le pont de Barbin se trouve à quelques dizaines de mètres en amont de l’actuel pont de la Motte-Rouge, et le pont Morand est situé au niveau de l'actuel monument aux Cinquante Otages. Ils sont distants d’environ un kilomètre.

 

Un kilomètre c'est beaucoup pour de nombreux habitants du quartier. Après avoir sollicité en vain la mairie, ils décident d’accélérer leurs déplacements d’une rive à l’autre de l’Erdre en finançant eux-mêmes la construction d’une passerelle en bois.

La passerelle de Barbin avant le pont Saint-Mihiel

La passerelle en bois ayant précédé le pont Saint-Mihiel, à la fin du XIXe siècle – crédit photo : archives départementales

Cette passerelle, peu robuste, se dégrade rapidement. Quinze ans plus tard, en 1890, son état est jugé inquiétant. En 1892, le Conseil municipal estime que sa vétusté est telle « qu’il ne faut pas songer à prolonger davantage son existence ».

Cependant, les Nantais ont pris l’habitude de traverser l’Erdre à cet endroit. Ils lancent une souscription puisque la mairie ne leur propose toujours pas de pont. L’argent récolté permet de restaurer la passerelle, en attendant mieux.

La mairie promet enfin. Une étude est réalisée. Le coût des travaux effraie. Le projet reste en suspens pendant près de vingt ans.

Un pont de pierre et d’acier

En 1911, la mairie de Nantes, dirigée par Paul Bellamy, vote la construction d’un pont en remplacement de la passerelle.  

L’ouvrage est réalisé par l’entreprise Charrière. Il repose sur cinq poutres d’acier, deux piles de pierre, et mesure 30 mètres de long pour dix mètres de large. 

Les candélabres du pont sont l’œuvre de la fonderie Voruz (qui a également fondu les cloches des églises nantaises Sainte-Croix, Saint-Félix et Saint-Jacques, les rambardes et les bronzes du passage Pommeraye, et les candélabres du pont de la Motte-Rouge). 

 

Les travaux sont achevés en 1913.

Le nouveau pont ne reçoit pas de nom. Les Nantais le baptisent « pont de Barbin ».

L’appellation « Saint-Mihiel » ne vient que plus tard. Elle date du 30 décembre 1918. Elle rend hommage à la ville de Saint-Mihiel dans la Meuse. Cette cité fut assiégée et ravagée pendant toute la durée de la Première Guerre mondiale. Après l’armistice, Nantes devint sa marraine et subventionna une partie de sa reconstruction.

Le 11 novembre 1987, une plaque commémorative fut fixée sur le pont. Elle rappelle l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917 et la bataille de Saint-Mihiel en septembre 1918, remportée grâce aux troupes américaines.

Pont Saint-Mihiel

Candélabre du pont Saint-Mihiel 

Construit à l’origine pour durer cent ans, le pont Saint-Mihiel tient toujours bon, et les Nantais aiment le traverser tout en contemplant le cours de l’Erdre.

Vers l’aval, il offre un point de vue plein de charme sur l’île de Versailles et les péniches amarrées au quai Henri Barbusse et au quai de Versailles. Vers l’amont, il permet de contempler le bassin Ceineray, avec en perspective la cathédrale de Nantes.

Pont Saint-Mihiel

Vue depuis le pont Saint-Mihiel

Et quand, la nuit tombée, ses candélabres l’illuminent, il est difficile de ne pas lui trouver un air terriblement romantique.

L’attachement au pont Saint-Mihiel est tel, qu’il est devenu l’un des symboles du quartier. Au point que ce secteur très prisé des Nantais pour la promenade et les apéros est aujourd’hui fréquemment désigné comme le « quartier Saint-Mihiel ».